Jamais autant de concurrents au départ du Trofeo Mezzalama, 18e édition : pas moins de 1 080 participants, soit 360 cordées de trois membres chacune, mais aussi jamais autant d’abandons et de disqualifications pour retard aux barrières horaires, signe de conditions sévères, plus dures que d’habitude.
Sur les huit éditions du « moderne » marathon des glaciers, qui depuis 1997 se court tous les deux ans de Cervinia à Gressoney en passant par le sommet du Castore et le Naso del Lyskamm au-dessus des quatre mille mètres sur le massif du Mont Rose, celle-ci a probablement été la plus exigeante, tant pour les athlètes que pour l’équipe d’organisation.
Rien d’étonnant pour l’historique « marathon des glaciers » de ski-alpinisme fondé en 1933, déjà célèbre comme la course la plus haute des Alpes, qui exige de chaque athlète une solide expérience d’alpiniste et tout autant de skieur. Mais cette fois, plus que d’habitude, le facteur climatique s’est fait sentir, sous la forme d’un froid polaire, accentué par le vent du nord.
« Je dirais qu’en altitude nous avions un froid ressenti de 15 à 20 degrés sous zéro, explique le guide de haute montagne Adriano Favre, directeur technique qui coordonne la machine complexe du Mezzalama. – Une situation assez normale en haute montagne au milieu du printemps, mais sans aucun doute plus sévère que lors d’autres éditions. Peut-être semblable à celle de 2003. »
La victoire est revenue à la cordée franco-espagnole, grande favorite à la veille de la course, de Kilian Jornet Burgada, William Bon Mardion et Didier Blanc en 4h 33′ 58″, qui a battu presque au sprint, pour seulement 18 secondes grignotées dans le dernier et court tronçon sans neige, le trio composé des Lombards Daniele Pedrini et Pietro Lanfranchi et du Valdôtain Alain Seletto.
Surprenants troisièmes pour leur premier Mezzalama, les jeunes Michele Boscacci, originaire de la Valteline et « fils de champion », et Robert Antonioli avec l’Espagnol Marc Pinsach Rubirola. Puis six autres équipes sous la barre des 5 heures, confirmation d’une course très disputée.
Grosse déception pour l’équipe des Alpini de Matteo Eydallin, Damiano Lenzi et Dennis Trento, parmi les grands favoris, contraints à l’abandon à cause du froid avant même le Castore.
Nette et surprenante, la victoire chez les femmes de la jeune maman valdôtaine Gloriana Pellissier, caporal des Alpini revenue à la compétition après sa deuxième maternité, avec les Valtelinaises très soudées Francesca Martinelli et Roberta Pedranzini, en 5h 28′ 36″. Les Italiennes ont devancé de 3 minutes et 25″ l’équipe internationale de la Française Laetitia Roux, avec la révélation espagnole Mireia Miro et la Suissesse Nathalie Enzensperger.
Avec un écart abyssal de plus d’une heure, Tatiana Locatelli, Laura Besseghini et Raffella Rossi terminent troisièmes avec le temps de 6h 33′ 50″. Quant au temps des vainqueurs, supérieur d’environ une demi-heure au record établi en 2009 justement par les Alpini Eydallin et Trento avec Reichegger, il faut noter que le parcours a subi une importante variante sur le Naso del Lyskamm, décidée par Favre, pour faire face à la dégradation des conditions du passage traditionnel, devenu désormais un mur de glace. La variante, de caractère alpin, a garanti la sécurité en un point clé et a été accueillie très favorablement par les athlètes. Grâce notamment à la gratuité des remontées mécaniques de Cervinia et de Gressoney, la course a été suivie par un public nombreux sans précédent : près de deux mille spectateurs entre le Plateau Rosa et le Colle del Breithorn dans la phase initiale et de très nombreux skieurs-alpinistes dans la zone de la Capanna Gnifetti pour suivre la phase finale.
Malgré les difficultés, le trophée Mezzalama s’est confirmé comme l’une des courses de ski-alpinisme les plus fascinantes !
Photos fournies par : Monterosa Ski


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